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KYC · Les English (1/4) : qui sont-ils vraiment ?

15 octobre 2026

KYC — CONNAIS TON CLIENT. « KYC », c'est Know Your Customer : connais ton client. On en fait un format qu'on déclinera à d'autres clientèles ; on l'ouvre avec Les English. L'idée est simple : mieux tu sais qui s'assoit à ta table, mieux tu la sers — et plus elle revient. (On dit « English » comme au comptoir ; on parle bien de tous les Britanniques.)

ON COMMENCE PAR EUX, VOILÀ POURQUOI. Quinze ans à Londres m'ont appris une chose : un service, ça se cale sur la salle qu'on a, pas sur celle qu'on aimerait avoir. Et sur la Côte Vermeille, une partie de ta salle parle anglais. Pas la majorité, soyons honnêtes : l'Espagne reste, de loin, la première clientèle étrangère du département — en 2025, les hôtels des Pyrénées-Orientales ont enregistré près de 70 000 arrivées espagnoles, soit plus de trois fois les britanniques. Le gros de ta terrasse, l'été, reste français et catalan.

MAIS LES BRITANNIQUES SONT BIEN LÀ, ET À L'ANNÉE. Les chiffres 2025 des P.-O. : 19 837 arrivées britanniques dans les hôtels (4ᵉ nationalité étrangère, derrière l'Espagne, la Belgique et l'Allemagne) et 22 623 dans les campings (5ᵉ). Au niveau régional, l'Occitanie est la 2ᵉ région de France pour les résidents britanniques : environ 25 000 au dernier recensement fin (2016, avant le Brexit), des gens installés ici, pas de passage. La clientèle étrangère, tous pays confondus, pèse entre 14 et 18 % de la fréquentation selon le périmètre retenu. Les English n'en sont qu'une part — mais une part fidèle et hors-saison : le retraité installé dans l'arrière-pays ou le propriétaire de résidence secondaire n'est pas là qu'en août, il est là en mars, en novembre, les mois où ta salle est calme.

Ce qui vaut pour eux vaut pour toute ta clientèle : la connaître, c'est mieux la servir. Les English sont simplement un bon point de départ.

TROIS PROFILS, PAS UN BLOC. « Les Anglais » n'existent pas plus que « les Français ». Sur la Côte, tu croises surtout trois profils. Le résident à l'année : souvent retraité, installé dans l'arrière-pays, il connaît ta carte par cœur et vient en semaine, hors saison — c'est ton fonds de commerce d'hiver, il veut être reconnu, pas impressionné, et un « the usual ? » vaut dix promotions. Le touriste : deux à dix nuits, l'été ou pendant les vacances scolaires britanniques — leur half-term de fin octobre, dont les dates varient selon les régions, peut ramener du monde quand tu crois la saison finie ; il découvre, et il laisse un avis Google en rentrant, alors tu le soignes autant pour lui que pour les cent qui liront son avis. Le propriétaire de résidence secondaire : entre les deux, il revient plusieurs fois par an « chez lui » et veut se sentir local ; si tu te souviens de lui d'un séjour à l'autre, il t'est acquis, et il ramène ses amis.

LE DOUBLE JEU, EN UN MOT. Un Britannique installé ou en vacances ici n'est pas venu chercher du fish & chips : il est venu pour le Banyuls, l'anchois de Collioure, la lumière et la terrasse. Ce qu'on emprunte à Londres, ce n'est pas la cuisine, c'est la manière de recevoir — la carte lisible, le sans-alcool traité comme un vrai produit, le service réactif sans chichi, l'allergène annoncé clairement. On y revient en détail dans les prochains articles.

Dans cette série KYC — Les English : 1. Qui sont-ils vraiment ? (ici) · 2. Ce qu'ils attendent à table · 3. Leur parler · 4. Le double jeu.

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