Titres-restaurant : le 12 octobre, les députés décident si le « ticket resto » devient un ticket caddie
Lundi 12 octobre, l'Assemblée nationale examine la réforme du titre-restaurant. L'enjeu pour nous tient en une question : le ticket resto sert-il encore à déjeuner au restaurant, ou devient-il pour de bon un moyen de faire ses courses ?
**Le calendrier d'abord.** La proposition de loi « visant à moderniser et rééquilibrer le fonctionnement du titre-restaurant » (n° 2892) a été déposée le 9 juin 2026. Sa discussion en séance publique est inscrite au **lundi 12 octobre 2026**. À ce jour, **rien n'est voté**.
Ce qui est sur la table, en résumé :
- **Rendre définitive l'utilisation en supermarché** pour tous les produits alimentaires (pâtes, riz, farine, huile, viande crue…). Aujourd'hui, c'est une dérogation temporaire, prolongée par la loi du 21 janvier 2025, qui court jusqu'au **31 décembre 2026**. - **La fin du titre papier**, au profit des cartes et applis. - **Plus de transparence sur les commissions** que les émetteurs prélèvent — y compris sur nos encaissements.
Sur la dématérialisation et les commissions, tout le monde est à peu près d'accord. Le point qui fâche, c'est l'usage.
**Pourquoi ça nous concerne directement.** D'après l'UMIH, en moins de quatre ans, la part des dépenses en titres-restaurant faite dans les restaurants est passée de **46,5 % à 34,3 %**, pendant que celle de la grande distribution grimpait de **22,4 % à 32,8 %**. Soit environ **1,22 milliard d'euros par an** qui ne passent plus par nos tables. Pour un bistrot ou une brasserie qui vit du déjeuner en semaine — et hors saison, sur la côte, c'est souvent le déjeuner qui fait tourner la maison — ce n'est pas un détail.
**La contre-proposition de la profession.** L'UMIH reste opposée à un « titre-caddie » définitif. Mais si l'usage doit être élargi, elle défend un **double plafond** : 25 € par jour au restaurant et dans les commerces alimentaires de proximité, 10 € par jour en grande surface (produits alimentaires uniquement). Un mécanisme de ce type a déjà existé pendant la crise sanitaire. Elle demande aussi qu'on pousse les entreprises à distribuer davantage de titres — environ six millions de salariés en bénéficient aujourd'hui.
**Ce qu'on en fait, concrètement.** Rien à faire de votre côté pour l'instant : c'est un débat parlementaire, pas une démarche.
1. **Garder en tête l'échéance du 31 décembre 2026.** Si le texte n'aboutit pas d'ici là, la dérogation « tout produit alimentaire » tombe. S'il est voté, elle devient la règle. Dans les deux cas, ça change la concurrence sur le déjeuner à partir de janvier. 2. **Faire remonter si vous êtes adhérent UMIH 66.** Si le titre-restaurant pèse dans votre chiffre du midi, c'est une donnée utile pour la profession — maintenant, pas après le vote.
On revient ici dès que le texte est voté. Pas avant.
**À lire chez la source :** - [Assemblée nationale — dossier législatif, PPL n° 2892](assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/moderniser_fonctionnement_titre_restaurant_17e) - [UMIH — Titres-restaurant : le double plafond peut-il sauver la mise ?](umih.fr/medias/news/titres-restaurant-le-double-plafond-peut-il-sauver-la-mise.html)